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ASSOCIATION "Les clochers tors d'Europe".

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Consacrée en 1601 ou en 1607, l'église Saint SAUVEUR de ROCHECHOUART était à nef unique, large de 11 mètres, à chevet plat, sans transept. Ses murs épais seulement d'un mètre, rie pouvaient supporter le poids d'une voûte d'une telle ampleur. Elle était donc couverte en charpente.

Les chapelles latérales étaient à l'origine indépendantes de l'église. Celle du Nord faisait partie des bâtiments du prieuré. Une porte cintrée la faisait communiquer avec le cloître, une autre ouvrait dans l'église.

Une fouille récente (1975) a fait découvrir, sous le dallage, plusieurs couches de sépultures de toutes époques. Il semble que cette chapelle était la chapelle funéraire du prieuré. Cette découverte apporte la preuve qu'il existait là un édifice antérieur au XI ième siècle. On peut logiquement penser qu'il s'agit de vestiges du premier prieuré qui fut détruit par les normands. Il convient de noter que le sol primitif des deux chapelles était à 1,50 m. au-dessous du dallage de la nef de l'église du XI ième. siècle.

C'est en 1813, dit l'abbé ARBELLOT, qu'on a dressé les six colonnes rondes en bois qui séparent la nef des bas cotés et qui supportent un lambris de mauvais goût... en forme de voûte surbaissée.." A la même époque furent ouvertes les grandes arcades entre la nef et les chapelles latérales.

Mais une partie de l'église a échappée aux restaurations et mérite une étude attentive , il s'agit du mur Nord de la nef, intérieur et extérieur, et du mur Ouest de la chapelle Nord, qui constituent un document exceptionnel pour l'étude de l'art roman du XI ième. siècle, dans toute sa pureté et son austérité,

Vues de l'intérieur, chacune des trois travées du mur Nord comporte un arc de décharge cintré, qui retombe de chaque coté sur une corniche biseautée, coupant à mi-hauteur des pilastres dosserets. Une colonne ronde à demi engagée dans le pilastre se termine en haut des murs par un chapiteau à gros astragale dont la corbeille est ornée à ses angles de crochets en volutes.

Les deux premières travées sont percées d'une petite fenêtre en plein cintre à peine ébrasée. Celle de la troisième travée a été maladroitement agrandie et désaxée.

A l'extérieur, la séparation des travées est indiquée par un contrefort plat de section rectangulaire, à talus sans larmiers. Au-dessus règne une corniche biseautée continue, portée par une rangée de modillons très frustes.

Les fenêtres des deux premières travées non ébrasées extérieurement s'alignent sur le plat du mur sans aucune saillie.

La façade en retour d'équerre de la chapelle Nord, est percée d'une très haute fenêtre meurtrière, au-dessus de laquelle court une corniche, analogue à celle du mur de la nef, avec modillons ornés de motifs géométriques.

La maçonnerie est de mauvaise qualité. Seuls les encadrements des fenêtres et les encoignures sont bien appareillés... La porte centrée est également un vestige du XI ième. siècle. C'est un porche plein cintre retombant sur deux colonnes rondes avec des chapiteaux très archaïques à gros astragale torique et crochets ronds, très abîmés aux angles de la corbeille, tout cela très caractéristique du XI ième siècle.

Au XVIII ième siècle l'église subit d'importantes transformations - c'est alors qu'on construisit. au fond de la nef une travée carrée sur laquelle fut élevé un clocher dont on ignore la forme, sans doute un clocher mur.

A la même époque fut mis en place dans la façade Est la grande baie gothique à trois formes qui éclaire le chœur.

Enfin sur la façade Sud on construisit le portail de type limousin à trois voussures et frise chapiteau dont les ornements indiquent la fin du XVIII ième siècle.

Le clocher dans sa forme actuelle est le résultat d'au moins quatre campagnes de construction.

Le portail du XI ième siècle est enchâssé, on l'a vu, dans un cube de maçonnerie grossière, qu'une petite fenêtre à linteau brisé permet de dater du XII ou XIII ième. siècle.

A la fin de XV ième. ou dans les premières années du XVI ième. on éleva sur ce socle massif, solidement étayé par quatre contreforts d’angle, une élégante tour octogonale à deux étages, coiffée d'une flèche pyramidale régulière. On peut la voir ainsi sur la fresque de la Chambre des Chasses du Château.

La tour octogonale présente des angles chanfreinés, ornés de fines colonnettes. Chaque face de l'octogone est percée à chaque étage d'une fenêtre en tiers-point. La voûte, visible de la tribune, est ogivale avec liernes et formerets,

La flèche actuelle, en charpente couverte d'ardoise, de forme hélicoïdale, date de la fin du XVIII ième. siècle (1767-1774), Le clocher mesure au total 40 m, de haut, la flèche 20 mètres.

 

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Dernière modification : le 01/01/2004 .